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Journée du curling au Canada

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Brendan Jackson

11 février 2021

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Enfant, je regardais souvent mon père jouer au curling, et il m’était évident qu’il se passionnait pour le jeu. À l’époque, je ne pouvais même pas imaginer qu’une telle passion me prendrait, mais me voici tout aussi épris de ce sport.

J’ai foulé la glace pour la première fois en 2011, au programme junior du Club de curling de Pointe Claire. Je passais de plus en plus de temps au club, et souvent, après l’école, j’y rencontrais mon père pour une partie rapide, juste nous deux. Deux ans plus tard, je suis devenu membre d’une équipe de compétition de niveau junior, et nous voyagions pour concourir dans les autres clubs, où nous rencontrions d’autres joueurs et joueuses juniors, tout en cumulant de l’expérience et en renforçant nos compétences. Le curling est devenu une dimension très importante de ma vie.

Au fur et à mesure que je perfectionnais mes compétences, je rêvais aux choses que je pouvais accomplir dans le sport si je travaillais dur. Notre équipe s’est qualifiée à deux championnats provinciaux juniors, et je commençais à croire que le futur me réservait de bonnes choses dans le curling.

Pour la saison morte de 2017, je me suis joint à une ligue de soccer récréatif; c’est un autre sport qui me passionne. Quand je m’intéresse à un sport, je m’y adonne corps et âme, je le prends très au sérieux. Cette combinaison de passion et d’intensité m’a flanqué un grand revers vers la fin de la saison, quand j’ai subi un coup sur le terrain qui m’a fait perdre conscience. Quand j’ai repris connaissance, je me suis rendu compte immédiatement que j’étais gravement blessé. Je ressentais de vives douleurs, et la partie inférieure de mon tronc était engourdie. On a fait venir une ambulance et les ambulanciers m’ont immobilisé sur une planche dorsale et m’ont transporté dans l’hôpital. Initialement, je m’inquiétais tellement pour l’incidence que cet épisode aurait sur la saison de curling à venir; je ne considérais même la possibilité que la blessure pourrait être bien plus grave. Mais cela est devenu trop évident quand j’ai réalisé que je ne pouvais pas bouger mes jambes. Jour après jour, je restais couché dans mon lit d’hôpital, incapable de bouger les jambes. Heureusement, j’avais des sensations dans les membres inférieurs, donc les docteurs pensaient que ce n’était pas permanent. Pour vérifier ce diagnostic, on m’a envoyé dans l’Hôpital neurologique de Montréal pour subir des tests. Les docteurs ont diagnostiqué une commotion médullaire, probablement à cause du choc à la base de la colonne vertébrale quand j’étais tombé à terre. Les médecins ont dit que, avec du temps et un régime de réadaptation, je me rétablirais complètement. Mais j’avais du pain sur la planche pour retourner sur la piste de curling. Bon nombre de mes proches et de mes docteurs avaient des doutes à propos de mes plans de me remettre rapidement, mais je refusais de céder.

Hardline Curling a entendu mon histoire et a organisé une visite spéciale lorsque j’étais dans l’hôpital. Moins d’une heure après avoir quitté la glace au tournoi Shorty Jenkins à Cornwall, Mike McEwen est passé faire coucou. Évidemment, j’étais ébloui. Il a passé toute une heure à mon chevet, en parlant curling, en m’invitant à partager mes ambitions, et en me donnant de l’inspiration et de la motivation pour retourner sur la piste de curling. C’était une grande lueur d’espoir durant cette période très difficile, et je suis très reconnaissant envers Mike pour cette visite. Avant de me quitter, il m’a donné un chandail autographié. Je l’enfile souvent aux parties de curling; c’est un porte-bonheur!

Au terme d’un couple de mois d’exercices de réadaptation quotidiens, j’ai recouvert la mobilité dans mes jambes. Peu après, je foulais la glace de nouveau. Juste quelques glissades pour commencer : lentement mais sûrement je retrouvais mes forces. Advenu le début de la saison 2018-2019, j’avais retrouvé ma forme et j’étais membre d’une équipe de compétition de niveau junior. Nous avons disputé le championnat provincial du Québec en janvier 2019. Nous avons très bien joué tout au long de la semaine, et nous avons accédé à notre première finale provinciale. Même si nous n’avons pas gagné la finale, nous avons eu beaucoup à célébrer, puisque nous n’avions certainement pas été une des équipes en lice! J’étais vraiment fier d’avoir fait tant de chemin seulement 15 mois après avoir dû apprendre à marcher une deuxième fois!

Je cherchais un collège réputé pour ses réalisations dans le sport, avec des programmes d’études sportives, et avec une équipe de curling de compétition. Un établissement torontois a coché toutes ces cases. J’ai soumis une demande et ai été accepté au programme d’administration sportive de trois ans au Collège Humber à Toronto, et j’ai commencé en septembre, 2019. J’ai participé aux essais de curling et je me suis qualifié à l’équipe collégiale.

Ma première année au sein de cette équipe a été très réussie; nous avons gagné la médaille d’argent au championnat collégial provincial et au championnat collégial national. Personnellement, j’ai été voté joueur le plus utile et membre de la première équipe d’étoiles du championnat provincial, et le Choix des entraîneurs pour l’équipe Humber Hawks. À cause de la Covid-19, les activités de curling ont été annulées à ma deuxième année au programme, mais j’ai hâte de reprendre les compétitions collégiales avec l’équipe en 2021-2022. J’espère que, au sortir de ce programme en 2022, je pourrai trouver un emploi dans le secteur du sport. Peut-être dans un métier se rapportant au curling, qui sait?

Je suis pleinement conscient que je suis très chanceux d’avoir fait ce chemin après avoir subi une blessure aussi grave que la mienne. Cette blessure me rappellera en permanence d’être reconnaissant des possibilités qui se présentent à moi, et de ne jamais rien prendre pour acquis.

Cette expérience m’a aussi appris à rêver grand. Les souvenirs tracent notre passé, et les rêves tracent notre avenir.