Rejoignez la célébration nationale
Journée du curling au Canada

Partager l’amour du curling à travers les générations et les océans

Sabena Islam

10 février 2021

TOTAL VOTES | 1518

Lorsque mes parents ont quitté le Pakistan pour le Canada il y a plus de 50 ans, ils cherchaient de nouvelles possibilités et de nouvelles aventures. Ils se sont installés dans le nord-ouest de l’Ontario, où ils se sont consacrés à leur éducation, à leurs carrières, et à leur jeune famille.

En s’adaptant à leur nouveau mode de vie au Canada, ils ont essayé le curling. Ils ne le savaient pas à l’époque, mais quand ma mère s’est jointe à la ligue des dames avec quelques collègues, et mon père a pris l’habitude de participer aux tournois annuels enseignants-étudiants, c’était le début d’une longue histoire de curling qui se poursuit aujourd’hui chez leurs enfants et leurs petits-enfants.

Le curling a toujours été au cœur de ma vie, et je suis ravie de dire qu’il en est de même pour mes enfants. Avant même d’entrer à la maternelle, Bilal avait appris à crier « plus fort » et même si Kaamraan se passionnait initialement pour le hockey, il a fini par adopter le curling comme son sport de prédilection.

Le curling reste indissociable de tant de beaux souvenirs que nous avons cumulés au fil des années : nous avons assisté à d’innombrables évènements de Brier Tim Hortons, de Tournoi des cœurs Scotties, et Roar of the Rings. Mes parents ont rencontré Brad Gushue. Chaque année, nous faisons un voyage en famille au Château Montebello où mon mari fait valoir ses compétences de curling. Nos fils ont initié leurs cousins à ce sport qui nous tient à cœur. Bilal a pris la relève comme entraîneur de l’équipe de Kaamraan quand celle-ci s’est qualifiée aux éliminatoires provinciales de curling mixte. Le curling nous a également amenés sur de longs voyages en voiture avec Bilal et Kaamraan, pendant lesquels nous avons eu des conversations très animées que nous n’aurions pas tenues à la maison. Mon mari et moi avons eu le plaisir d’exercer la fonction d’entraîneurs pour les différentes équipes de nos fils (et notamment quand ils ont eu la possibilité de jouer sur la même équipe à l’école secondaire). Il y a eu beaucoup de hauts et de bas, et nous les avons vécus ensemble, en tant que famille.

Le curling a également aidé ma famille à mieux supporter ma lutte contre le cancer du sein, en ce sens que cela a ramené un sentiment de normalité à cette période houleuse. Les garçons ont continué de jouer, et je foulais la glace quand je me sentais d’attaque; j’ai poursuivi mes activités d’entraîneur, et j’étais entourée par ma famille élargie du curling. La première chose que j’ai faite après avoir sonné la cloche pour signaler la fin de mes traitements, a été de partir en voiture avec mon époux pour entraîner l’équipe de l’école secondaire de Kaamraan. Quelques semaines plus tard, même si j’avais toujours un bon bout de chemin à faire sur la voie du rétablissement, je me suis rendue à Brandon avec un membre de ma famille du curling afin d’encourager les membres de notre club au Brier Tim Hortons.

En 2020, avant que la pandémie du coronavirus est venue mêler les cartes, j’ai eu le bonheur de participer aux Jeux d’hiver de l’Ontario avec mes deux fils. Nous y avons créé de merveilleux souvenirs, et j’espère que nous en cumulerons beaucoup plus à l’avenir.

Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après l’arrivée de mes parents au Canada du Pakistan, un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire du curling de ma famille. Je collabore avec la Fédération de sports d’hiver pour implanter le curling au Pakistan. J’ai hâte de partager ce sport tant aimé par ma famille avec un pays qui ne le connaît guère, et je me réjouis à la perspective de jouer un rôle dans les histoires de curling d’une nouvelle génération de joueurs et joueuses de curling au Pakistan.